Musanda

Date

19 mai 2017

Catégorie

Guyane, Photographie,

Musanda

Photographies : Julien Rougny

Assistants : Jacques Mampouya, Isabelle Homand

Textes : Céline Bousquet

Film : Daniel Saint-Jean

Depuis plus de 20 ans, les Musandas perpétuent, à travers leurs chants et leurs danses, tout un pan des traditions guyanaises. Entrez dans la danse !

Céline

Céline

Céline Lorage dans une robe têtêche, avec une coiffe grande queue. Des robes, elle en a confectionné des dizaines : des robes golfes à rayures ou longues, des robes convoué, d’abattis ou encore les blanches et longues pour les cérémonies. Comme les coiffes, chacune a sa signification et son usage. Foulard, walwari (éventail), panier (ou pochette) en arouman complètent la tenue. Céline porte toujours aussi de nombreux bijoux. « A l’époque, on se couvrait d’or », rappelle-t-elle.

Nana

Nana et son éventail

Nadège, alias « Nana », fait partie du groupe depuis 2016, mais elle a passé sa vie à chanter, danser et composer. « Je suis née dedans ! J’aime animer, danser devant le tambouyen. Je chante mes propres chansons aussi. J’ai sorti un single, Stana, qui passe à la radio. Avant, on n’avait pas de micro, il fallait monter sur un banc pour se faire entendre ! La tradition se perd. J’aimerais qu’en fin de soirée, par exemple, on danse le kaséko en couples, mais il n’y a plus assez d’hommes… »

Les tambouyens

Le tambour a rythmé toute la vie de Reno Cippe, un enfant de l’Oyapock lui aussi, comme Passionne et Stanislas, avec qui il a fondé Les Musandas en 1986. Le maître tambouyen, jeune retraité du conservatoire, continue de partager son savoir avec la jeune génération.

Céline tambouyins

Céline et les tambouyens

Les Musandas, c’est aussi une histoire de famille. Aux côtés de ses parents Passionne et Stanislas, à l’origine du groupe, Céline Lorage ne ménage pas son énergie. Dans la danse, où elle joue les rôles de princesse (elle s’occupe des plus jeunes) et de commissaire (elle assure l’ordre), mais aussi à la trésorerie et à la couture. Loin du  tambour d’antan qui invitait tout le monde à la danse, c’est elle aussi qui, aujourd’hui, bat le rappel des répétitions sur WhatsApp. De la modernité pour perpétuer les traditions.

Christiane

Christiane et les tambouyens

Le groupe Musandas a fêté ses vingt ans l’année dernière. Il compte une trentaine de membres, de tous les âges. Il se réunit pour les répétitions tous les mercredis, à la maison de quartier de la cité Brutus à Cayenne. Toujours prêt pour des prestations (célébrations, fêtes communales ou autres), il a même représenté la tradition guyanaise à la Foire de Paris trois années de suite, en 2011, 2012 et 2013.

Huguette

Huguette

Huguette danse un kaséko. Elle porte une robe d’abattis, à laquelle on ajoute une kamza (foulard), et des ballerines. « A l’époque, on dansait pieds nus », explique Passionne, fondatrice et présidente d’honneur du groupe. « On peut dire que le kaséko est la plus facile des danses ; elle réunit tout le monde, toujours à la fin des soirées. »

Les enfants